LA GRAND-PLACE
L'ensemble d'une rare beauté est souvent appelé, à juste titre, la plus belle place du monde.
A l'origine, elle était occupée par un marché principalement destiné au commerce des victuailles comme l'indiquent les noms des rues avoisinantes: rue au Beurre, rue des Harengs, rue du Marché aux Poulets, rue des Bouchers et d'autres du même genre.
C'est le moment de faire remarquer que dès le Moyen-âge, Bruxelles a toujours fait une place importante à la table et à une table abondante.
La Grand-Place est dominée par le magnifique Hôtel de Ville construit au XVe. siècle avec sa tour chef-d'½uvre d'élégance qui est sommée d'un St. Michel en cuivre, à 90m. de hauteur. Le vaste espace rectangulaire de la place est bordé de très belles maisons aux façades richement ornées qui faisaient ainsi connaître l'opulence des corporations qui les avaient fait construire. Quelques-unes étaient des maisons d'habitation qui s'intègrent fort bien à l'ensemble.
De ces maisons, les plus remarquables sont celle de la corporation des Boulangers au coin de la rue au Beurre, connue sous le nom de “Roi d'Espagne et du côté opposé de la place, sept maisons surmontées d'un frontispice unique et que l'on appelle “Maison des Ducs de Brabant” parce que leurs façades sont ornées de bustes de différents ducs.
Face à l'hôtel de ville, on admire la Maison du Roi, appelée autrefois “Halle au Pain”. Son origine remonte au début du XVe. siècle, plusieurs fois restaurée, elle fut encore endommagée par le bombardement de 1695.
Restaurée, elle fut démolie au siècle dernier et reconstruite en style gothique tertiaire, en 1874. Ce bâtiment “faux vieux” ne dépare nullement l'ensemble de la Grand-Place
Il convient, à propos de ce bombardement de 1695, de raviver un peu les mémoires. Il fut un véritable drame pour la ville. Ce fut l'½uvre du maréchal de Neufville de Villeroi, aussi incapable que présomptueux qui, lors d'un conflit entre la France et l'Angleterre tenta une man½uvre de diversion pour attirer les Anglais, en bombardant Bruxelles.
Le 13 août 1695, il s'installa à l'abbaye de Dieleghem vers 17 heures, et lança l'ordre de tirer à son artillerie. Durant 48 heures, ce bombardement féroce le plus souvent à boulets rouges se poursuivit, il détruisit ou endommagea gravement 4000 maisons sans atteindre vraiment l'Hôtel de ville. Les canons cessèrent de tirer faute de munitions, dit-on, et sans que la diversion de Villeroi ne réussît.
Notons encore que les occupants républicains français, à leur tour, causèrent des dégâts, moins importants il est vrai, aux façades de la Grand-Place en détruisant de nombreuses statues qui les ornaient.
Sachons encore qu'en 1700, la plupart des maisons détruites avaient été rebâties et que ce sont elles qui font l'admiration de visiteurs de nos jours.
On ne quittera pas la Grand-Place sans avoir été caressé la bras ou le pied du gisant d'Everard 't Serclaes, ce patricien de Bruxelles qui mourut des blessures encourues en défendant la liberté sa ville.